version française

Veuillez noter que le français est ma deuxième langue. J’essaie de traduire mon blog en adhérant à mon niveau de français, donc je vous prie de bien excuser mes fautes de grammaire ou de traduction – surtout pour les connotations ou les expressions qui pourraient avoir une autre signification dont je ne suis pas consciente par conséquence. Je vous invite à me corriger (poliment s’il vous plaîtj’aimerais conserver ma passion pour la langue française quand même…!)


Premières années

Alexander Davidovich Zaliouk, dit Sacha Zaliouk, est né le 31 decembre 1887 à Radomyshl en Ukraine. À l’époque, Radomyshl fait partie de l’Empire russe. Radomyshl est historiquement une ville juive (sourcesource).

On utilise Alexander ou la version française Alexandre dans ce blog. La version cyrillique est Александр Давидович Залюк ou Александр Давидович Цалюк. Son diminutif est Саша Залюк ou Саша Цалюк. Parfois on voit que certains sites ortographient son nom de famille comme Tsalyuk au lieu de Zaliouk, mais cette orthographie est rare.


Radomyshl

À propos de l’histoire juive de Radomyshl (ou Radomysl), le Jewish Virtual Library dit que la communauté juive s’est établie au 18e siècle et que l’influence des rabbins hassidiques de Tchernobyl sur Radomyshl est notable.

En 1919, la ville de Radomyshl voit des pogroms et la population diminue. Cette réduction continue lors de la période soviétique et la deuxième guerre mondiale.

Veuillez consulter plus sur l’histoire de Radomyshl sur Jewish Virtual Library et encore plus sur Radomyshl aujourd’hui.


La famille Zaliouk

Les parents de Sacha sont David Schoulimovitch Zaliouk et Esther Naumovna Zaliouk (née Bieloroussetz) (source).

On sait le nom de jeune fille d’Esther Naumovna grâce à un document qui montre les candidats soviétiques qui veulent visiter ou résider en France. Esther apparaît dans la section des candidats de 1928 – 1931 (source, p.57).

L’information suivante vient du recensement de 1897. Pour en savoir plus sur le recensement de 1897 et comment ce blog y trouve, veuillez cliquer sur ce lien (page en anglais).

Dans le recensement, on voit que :

  • La religion de la famille est juive
  • La langue de la famille est le yiddish
  • Toute la famille est ‘meschanin’ ou ‘meshchanka’ – ça veut dire un membre de la petite bourgeoisie – pour en savoir plus, voyez consulter cette page (aussi en anglais)
  • Toute la famille sait lire et écrire (sauf la servante de la famille qui s’appelle Sura)
  • Toute la famille est née et régistrée à Radomyshl
  • Le père de la famille, David Schmoulivitch, n’apparaît pas – il y a des sources en ligne (non citées) qui affirment qu’il est décédé d’une tumeur au cerveau au début de la trentaine.

Membres de la famille dans le rencensement :

Esther Naumovna, veuve, propriétaire d’un magasin, elle a fait ses études dans un internat privé

Roza Davidovich, 17 ans, elle fait ses études à l’école de la ville (ou municipale)*

Solomon Davidovich, 10 ans, il fait ses études à l’école de la ville (ou municipale)**

Sender Davidovich, 8 ans, enseignement à domicile***

Sura Berkovich Sobel, 15 ans, née dans le gouvernement de Kiev, district de Radomyshl, village de Yanovka (ou Yakovka), enregistrée dans le gouvernement de Volhynie, société de Zhytomyr, résidant à Radomyshl. En tant qu’une servante, elle est indiquée comme « cuisinière »****

* Sur la Wiki sur Sacha, son petit-neveu indique que Sacha est soutenu financièrement par sa sœur pour une partie de sa vie. Roza vit aux États-Unis. Je ne suis pas sûre de la traduction ‘l’école de la ville (ou municipale)’ pour ‘city school’ qui est la traduction anglaise.

** Un profil sur le site Geneanet (source) dit que Sacha a deux frères et que le deuxième frère s’appelle Maoum. Vous voyez que Maoum ne figure pas dans le recensement mais c’est possible qu’il ne vit pas avec la famille (aucune base concrète pour cette suggestion, seulement pour donner une raison possible pour son absence…)

*** Sender est la forme yiddish d’Alexander. Même si la date de naissance ne correspond pas, on croit que Sender est probablement Sacha pour cette raison

**** Pour Sura, j’utilise le mot ‘servante’ parce que c’est le mot qu’on utilise en anglais, mais je crois qu’on pourrait aussi dire ‘la bonne’ ou ‘l’employée’ selon linguee.com. Je ne veux pas montrer une manque de respect si j’utilise une terminologie incorrecte et j’invite des corrections.


Éducation : Avant Paris

Beaucoup des sites disent que Sacha fait ses études à Odessa.

La Whitechapel Gallery de Londres organise une exposition en 1921 pour des artistes russes (source). Sacha est l’un des artistes et La Gallery partage cet extrait de la catalogue:

« Zaliouk, Alexander, 12, Rue du Moulin-Vert, Paris. Né à Kieff. Étudié à Odessa, où il a obtenu une bourse pour l’Académie de Petrograd. Il s’est rendu à Paris. Il a fait des expositions en Russie et dans plusieurs salons à Paris. Il signe « Sacha Zaliouk ». »

Son art pour cet exhibition est donné comme suit :

« 450. Calvary, 451. Adolescent, 452. Basket of Flowers, 453. En Promenade, 454. Head, 455. Lui, 456. Divtchina, 457. Another Kiss, 458. Grappe de Raisins, 459. Dernier Soupir. »

Pour noter – le 28 juin 1929 :

L’Univers israélite publie un article sur Sacha et l’article indique qu’il est né en « Europe Orientale », en Ukraine :

« Il a reçu sa première formation artistique à Odessa et à Petrograd. »

Donc il semble probable que Sacha fait ses études à Odessa. En plus, dans ses propres écrits sur son départ pour Paris (source), il note qu’il est parti de la gare d’Odessa.

Ce blog n’a pas de « preuve » ou documents qui confirme son éducation en Russie.


Paris : Un Paradis Artistique

Paris a une histoire artistique très riche surtout à Montmartre et à Montparnasse. Les artistes quittent leur pays pour des raisons diverses (gagner la vie, s’échapper de la violence ou des difficultés, pour une aventure, etc). En toute façon, Sacha écrit qu’il quitte Odessa en 1910 pour aller à Paris.

Pour en savoir plus de Paris à l’époque, veuillez cliquer sur cette page.


À Paris

Comme j’ai noté, Sacha écrit un article sur ses débuts à Paris. Cet article apparaît le 15 mai 1929 dans ‘Paris Montparnasse’ (source). Vous pouvez lire l’article entière en-dessous :

« 1910. —Je pars… Gare d’Odessa… Varsovie… Frontière allemande… Berlin… Gare du Nord… Paris ! ! ! enfin…

Un interprète russe, que je trouve à la gare du Nord, me demande si je veux aller au quartier des artistes… Comment savait-il que j’étais artiste ? … Parbleu ! mes cheveux longs ! …. Vous irez à Montparnasse …

Premier taxi … Boulevard Edgar-Quinet … Premier hôtel … Je rencontre une jolie blonde … Première femme ! … Un jour de plaisir … suivi d’un jour de tristesse … Un jour d’octobre … Vie d’hôtel …

Quelques jours après … je plonge mon œil dans ma poche : une lettre ! … Plusieurs adresses … Je lis : en arrivant à Paris, aller voir M. Dimitrieff, président de la presse étrangère, au café de Madrid … J’y vais… un accueil charmant…

Le temps passe … voilà un mois que je suis à Montparnasse … à la Rotonde … petite Rotonde … Rotonde à Libion [1] … atmosphère sympathique … je me sens chez moi … dans une grande famille … entourage agréable … de tous les pays, de tous les coins du globe … révolutionnaires, monarchistes, poètes, artistes, Espagnols, Japonais, Allemands, Polonais … et d’autres : Russes, Anglais, – et encore d’autres : cheveux longs, têtes rasées … Tout y est … peu de gigolos … et pas de femmes pour michés …

Le temps file … nous sommes loin de la « Grande Parade ».

1912. – Je loge chez Kalinine, au 15, rue Liancourt … Kalinine … homme de la Révolution [2]… ami intime de Gorki [3] … Lounatcharsky …[4] une autre célébrité de la Révolution russe, vient nous voir assez souvent … Homme Grand … Grand Homme ! … Je fais sa connaissance … on sympathise … Il me guide dans Paris … Je suis heureux… Le temps court encore plus vite…

J’entre à l’École des Beaux-Arts, dans l’atelier de Raphaël Colin … Je travaille dur, et j’aime mes camarades ! … tous des bons vieux !…

1914. – Le commencement de la Grande Epreuve …

Mois d’août 1914 : premier épisode de la tragédie mondiale … Je fais partie de la figuration tragique … pour la défense de la civilisation … Première sortie : Verdun … Après : Champagne, Somme, Meuse, Belgique…

1916. – La mort danse toujours ! …

1917. – Un changement : je pars pour l’Orient ; vingt-deux mois entre Salonique et la frontière roumaine [5] … paludisme… fièvres…

1919. – Retour en France. Vive la France ! Je suis Français et démobilisé …

Je change mon uniforme pour ma tenue de rapin … Je travaille … les Expositions ! … les Salons … Il faut vivre … les magazines … « La Vie Parisienne », « Fantasio », « Le Sourire », [6] et d’autres, me demandent ma collaboration…

Mes illusions, mes douleurs, mes échecs et mes tristesses … à quoi bon les décrire ?

J’aime mon Montparnasse … et la vie !…

SACHA ZALIOUK. »

[1] La Rotonde de Libion – Café célèbre à Paris. Victor Libion a repris La Rotonde en 1911.

[2] Kalinine Je crois que Sacha parle de Feodor Kalinin qui vit à Paris. Kalinine est secrétaire du « Cercle de littérature prolétarienne ».

[3] Gorki Maxime Gorki, écrivain russe.

[4] LounatcharskyAnatoli Lounatcharski est un homme politique russe bolchévique qui vit à Paris en cette époque.

[5] Je pars pour l’Orient – veuillez voir la fiche matricule de Sacha qui montre que Sacha est dans l’Orient entre 23 septembre 1917 à 27 mars 1919.

[6] Magazines « risqués » – vous pouvez les voir gratuitement sur Gallica. J’ai une liste qui montre ses apparitions dans les médias. Chaque fois que je trouve un article, j’essaie d’y ajouter.


Education à Paris

Beaucoup des sites disent que Sacha fait ses études à L’École des Beaux-Arts à Paris. Dans son article susmentionné, Sacha lui-même écrit qu’il y fait ses études. En plus, un article dans L’Univers israélite (28 juin 1929, source) dit :

« Le premier enseignement artistique lui fut donné à Odessa et à Petrograd. Ensuite il entra à L’École des Beaux-Arts de Paris, dans la classe de Raphaël Collin [sic], mais la guerre arrêta ses paisibles travaux de la rue Bonaparte. »

Pour ce blog, j’ai contacté L’École pour en savoir plus. Elle a répondu :

« Les archives de l’Ecole sont pour cette période conservées aux Archives nationales. Sacha Zaliouk n’a pas réussi le concours d’entrée mais il a peut être été admis dans l’atelier de Raphaël-Collin. Je crois qu’il n’existe pas de registre pour les élèves de cet atelier mais je vous laisse le soin de le vérifier dans l’inventaire en pièce jointe »

Voici la pièce jointe. Même si Sacha ne réussit pas le concours d’entrée, c’est quand même possible qu’il soit étudiant de Raphaël-Collin parce qu’il n’y a pas de liste des étudiants.

Il me semble que Sacha fait ses études à Odessa et à Petrograd avant d’arriver à Paris, où il continue ses études sous la direction de Raphaël-Collin jusqu’à la Première Guerre Mondiale.


Marriage : Berthe Faeige Lerner

On discute l’année que Sacha est arrivé à Paris. Il écrit qu’il arrive en 1910. En 1912, son art se trouve dans un catalogue – son adresse est 12 Rue Moulin Vert (qu’on discutera plus tard). Je prends la déclaration de Sacha, donc je pense qu’il arrive en 1910.

Il se marie avec Berthe Faeige Lerner le 16 mars 1914 à 15h30 (source, p.27, Acte 604 – Zaliouk-Lerner).

La profession de Sacha est « homme de lettres et artiste – peintre ». Il est né à Radomysl (Russie) le 31 décembre 1887 et son adresse est 12 Rue du Moulin-Vert (son studio). Ses parents sont David Schoulimovitch Zaliouk, décédé, et Esther. La profession de Esther est « anuitant » et elle est veuve.

On obtient plus d’information sur Berthe. Elle est « sans profession » et née dans le 11e arrondissement de Paris le 27 décembre 1887. Veuillez consulter son acte de naissance ici (p.5). Son adresse est « 59 Avenue de la République ». Ses parents sont Samuel Lerner, négociant en plumes, et Rosa Lerner, sans profession. Leur adresse est pareil (59 Avenue de la République).  

Vous pouvez accéder plus sur la famille Lerner ici (en anglais).

Les invités (dont ses parents) sont :

▢ Nom : Jacob Léon Gelma, Age : 51, Profession : dentiste, Adresse : 30 Boulevard Voltaire.  

▢ Nom : Armand Iticovitz, Age : 39, Profession : négociant, Adresse : 183 Boulevard Voltaire.

▢ Nom : Charles Lerner, Age : 31, Profession : négociant, Adresse : 11 Rue Saussier-Leroy. 

▢ Nom : Joseph Lerner, Age : 28, Profession : négociant, Adresse : 58 Rue Saint-André des Arts.


Observations sur les invités 

Jacob Leon Gelma est enterré à Père Lachaise. La pierre tombale montre qu’il est né le 10 janvier 1863. L’acteur français Lucas Gridoux est enterré dans la même concession mais je ne suis pas sûre du lien entre Gelma et Gridoux. La pierre tombale montre aussi :

« A la mémoire de nos chéries Claude GELMA épouse ALICH 47 ans et Simone ALICH 19 ans – Victimes de Nazis en 1943 »

Malheursement, je n’arrive pas à trouver plus sur Claude Gelma ou Simone Alich sur les sites comme La Mémorial de la Shoah ou US Holocaust Museum.

J’aimerais consacrer cette partie de mon blog aux victimes de Nazis et souligner l’importance de cette période sur la vie de Sacha et des juifs en France. Armand Iticovitz, l’un des invités susmentionnés, est tué par les Nazis à Auschwitz après avoir été transporter là-bas le 20 novembre 1943. Iticovitz est né à Iași (Jassy) en Roumaine le 15 mars 1875. Il vend des meubles. Lors de son arrivé à Drancy, il reçut un « carnet de fouille » qui montre ses possessions, confisqués par les autorités du camp. Voici l’explication de la Mémorial de la Shoah :

« Lors de l’arrivée des internés au camp de Drancy, ceux-ci étaient fouillés et leur argent été confisqué par les autorités du camp. En échange, ils recevaient un reçu qui est le document que vous voyez en-dessous de l’inscription ‘carnet de fouille’ ».

En recherchant Armand, j’ai trouvé ‘Anna Iticovitz’, née Lerner, ce qui pourrait expliquer un lien entre les familles. Elle est née à « Gitomir » et la famille Lerner vient de Zhytomyr, en Ukraine (la famille Zaliouk aussi vient de Zhytomyr).


L’atelier de Sacha : Rue du Moulin-Vert

L’Africain publie un article le 3 juin 1932 qui nous donne une description de l’atelier de Sacha (source). Cet atelier se trouve sur Rue du Moulin-Vert. Le journaliste écrit :

« J’ai toujours un grand plaisir à rencontrer Sacha Zaliouk, il est le plus modeste et le plus intelligent artiste qu’on puisse imaginer. Comme il était de Montparnasse avant que les snobs et les provinciaux aient adopté ce quarter de Paris, c’est à Montparnasse qu’on le rencontre le plus souvent et c’est à Montparnasse, dans un jardin de la rue du Moulin-Vert (ô le nom pittoresque) qu’il a depuis longtemps son atelier.

Tout est bleu dans cet atelier, le velours du divan, les coussins, les tapis, la soie des abat-jour, jusqu’aux yeux des jolies créatures qui mélancolisent le long des murs entre les cadres des tableaux ou bien sur les chevalets.

– Oui, je préfère peindre les visages… Les natures mortes, les paysages, c’est trop facile. On met trop tout ce que l’on veut dans un tableau qui veut traduire des arbres, de l’eau, la brise… Et rien n’est vérifiable dans ces créations-là. On peut tout inventer. Tandis que lorsqu’il s’agit de traduire un visage humain, quel labeur c’est ! quelle tâche ! que de difficultés ! que d’essais ! La vie…la vie…

La vie, c’est ce qu’il y a de plus léger, de plus fuyant, de plus difficile à exprimer sur la toile.

– Dans vos portraits je remarque que les yeux son toujours mélancoliques.

– Bien sûr, répond l’artiste. C’est cette mélancolie qui m’attire dans un visage, qui me fait désirer reproduire les traits de telle personne que je rencontre. Le regard d’une femme me la révèle absolument, avec une totale sincérité, plus que ses paroles et ses actions…

Nous devisons longuement dans l’atelier où ronronne un poêle. Une jeune et jolie femme, les yeux amusés par les volutes de sa cigarette jette des mots dans la conversation… Et nous feuilletons des illustrés auxquels Sacha collabore : la Vie Parisienne, le Sourire. Il traite toujours là des sujets d’actualité, des sujets galants mêlés d’humour parisien… »

Veuillez cliquer sur cette vidéo qui montre des images de cet atelier (vous aller voir d’autres artistes comme Tsuguharu Foujita, Samuel Granowsky, Marie Vassilieff, Luis Buñuel, etc). Il y a des images de Sacha à 9:24.

Malheureusement, on n’a pas une identité pour la « jeune et jolie femme » susmentionné.


La Grande Guerre

J’aimerais remercier Didier (chtimiste.com) pour me donner plus d’informations sur la Grande Guerre et pour clarifier la fiche matricule de Sacha.

Comme noté dans un article du journal L’Univers israélite (source), Sacha « ne resta pas indifférent devant le drame qui bouleversait la France. Il s’engagea dans l’armée française. »

La source principale pour cette portion de mon blog est la fiche matricule de Sacha que vous pouvez consulter ici :

Détail des services et mutations diverses

Appelé à l’activité le 5 avril 1921. Manque à l’appel et classé dans les délais le dit jour No 978 (178). […]

Engagé volontaire pour la durée de la guerre le 5 janvier 1916 à Paris 2/2 (?). C au titre de la Légion Étrangère incorporé au 2e Reg Etranger à compter de(s) dix/six/dits jours*… Arrivé au Corps 6 Janvier 1916. Caporal le 21 Septembre 1917. Sergeant le 22 septembre 1917. Libéré le 28 mars 1919 (D.M** 1838 ? au 29? Janvier 1919 (1) En subsistance au 85e R.A.L. le 11 Avril 1916. En subsist. Au 115e R.A.le 23 septembre 1917. Certificat de bonne conduite « accordé »

Père de 1 enfant.

*dix/six/dits jours : du dit jour : à cela veut dire du jour cité précédemment, donc le 5 janvier

**DM : Décision ministérielle

Après on voit « Corps d’affectation »

  • 2e Regiment Étranger
  • 85e Regiment Art. Lourde (Subs)
  • 115 Regiment Art. Lourde (Subs)
  • 151 (?) Reg. Art. d’Infanterie
  • BON D’OUVRIERS D’ARTS (?)

Dépôt du 1e R. Étranger P(M?)

Et ses campagnes :

  • Contre l’Allemagne du 6 janvier 1916 Interieur au 22 Septembre 1917.
  • En Orient du 23 septembre 1917 au 27 mars 1919.

Description de son apparence :

  • Cheveux : châtains
  • Yeux : Marrons
  • Front : Ordinaire
  • Nez : Moyen
  • Visage : Ovale
  • Taille : 1 m. 68 centim

On voit des dessins de Sacha dans des publications comme Le Rire (source) et La Baïonnette (source) par exemple.

Didier m’explique qu’il croit que Sacha était au 2e régiment étrangers et rattaché administrativement à l’artillerie lourde (en subsistance) et il portait un uniforme de l’infanterie. Cependant, il y a des titres qu’il faut clarifier malgré la fiche matricule de Sacha : Sacha « passe sergent en 1917, grade qui n’existe pas dans l’artillerie (c’est maréchal-des-logis). Idem pour caporal (c’est brigadier dans l’artillerie) ».

Didier pense que Sacha « faisait partie d’une compagnie (120 hommes) du 2e régiments étrangers. Leur but est de protéger l’artillerie lourde qui est vulnérable aux attaques.

Sans Didier, cette partie de mon blog aurait été très vide – même en anglais je n’arrive pas à comprendre complètement les détails complexes de l’armée (française ou autre !). Je vous invite à visiter son site, c’est vraiment un trésor pour découvrir l’Histoire !

« Vingt-deux mois entre Salonique et la frontière roumaine »

Dans son écriture, Sacha mentionne « vingt-deux mois entre Salonique et la frontière roumaine ».

C’est …imprécis ! Mais j’ai de la chance que Getty Library Reference m’a donné ses dessins qui sont inclus dans un livre « Ukrainian Artists in Paris : 1900 – 1939 » de Vita Susak. On y trouve un dessin qui montre un homme noir et les mots « Moussa Koné Beyla B.T.S’ » avec la signature de Sacha et « Macédoine 1918 ». J’avais du mal à lire le mot au-dessous de ‘Macédoine’. Donc j’ai contacté le Museum of Macedonia qui m’a dit qu’il s’agit d’un village  qui s’appelle Vakuf Kjoj :

« Vakuf Kjoj de Papazhani (Pop’zhani, Popolzhani) – Papagiannis (Παππγιάννης) dans le district de Lerin qui se trouve aujourd’hui en Grèce. Le village est situé à douze kilomètres au nord-est de la ville de Lerin, sur la ligne ferroviaire reliant Thessalonique à Lerin et Bitola. »

Voilà ! Un détail qui semble minuscule … mais c’est un détail qui me rend très heureuse ! Je continue mes recherches…


Père d’un enfant : Paulette Sèverine Zaliouk

Naissance

Paulette Sèverine Zaliouk est née le 15 avril 1916 (source, p.10, Acte 769). L’adresse est celui de la famille Lerner – 59 Avenue de la République.

L’acte montre que Sacha a 28 ans à l’époque et sa profession est toujours artiste / peintre. Berthe a 27 ans et reste sans profession.

Mort

Paulette meurt à l’âge de neuf ans le 30 mai 1925 à la résidence familiale (source, p.9, Acte 1650) :

« Le trente mai mil neuf cent vingt cinq, une heure, est décédée au domicile de ses père et mère, avenue de la République 59, Paulette Séverine ZALIOUK née à Paris XIe arrondissement le quinze avril mil neuf cent seize, fille de Alexandre ZALIOUK, artiste-peintre, et de Berthe Faeige LERNER, son épouse, sans profession. Dressé le trente mai mil neuf cent vingt cinq, douze heures quinze, sur la déclaration de Roger RIVET, vingt trois ans, employé, rue Notre Dame de Nazareth 24, qui lecture faite a signé avec Nous Eugène KIRSCH, officier de la Légion d’Honneur, adjoint au Maire du XIe arrondissement de Paris. »

Eugène Kirsch est lithographe, photographe et le Maire adjoint du 11ème arrondissement de Paris. Il fait chevalier de la Légion d’honneur en 1919 (source, source).

Pour noter, il y a toujours un salon funéraire sur Rue Notre Dame de Nazareth 24 aujourd’hui.

Inhumation

Paulette est enterrée à Père-Lachaise avec sa famille « …dans la concession n° CPL 83 CC 1925 acquise par M. LERNER Anroum » selon Père-Lachaise.

Inhumations du 25 au 31 mai dans L’Univers israélite donne aussi la date de son inhumation.

La Horde du Montparnasse : Sacha et sa grande famille

Sacha fait partie d’un groupe d’artistes qui s’appelle La Horde du Montparnasse. Ils veulent gagner de l’argent pour les artistes pauvres du quartier. Pour y réussir, ils vendent leur art au marché aux navets (qui continue aujourd’hui !) et ils organisaient des bals de charité (comme vous verra dans cette vidéo…peut-être Sacha est présent ?)

Veuillez lire « Montparnasse, hier et aujourd’hui : ses artistes et écrivains, étrangers et français, les plus célèbres » de Jean Émile-Bayard pour en savoir plus (source).

Leur manifeste selon Émile-Bayard :

« En deux mots, M.E Fernand-Dubois a réuni l’élite intellectuelle du territoire du Montparnasse, pour défendre sa réputation mondiale, pour soutenir ses artistes malheureux, les secourir même, afin de créer des prix littéraires, d’organiser des bals et des fêtes au profit des diverses œuvres de bienfaisance. »

Les membres :

Le « chef suprême » et fondateur du groupe est M. E Fernand-Dubois (Émile)

Grands chefs : Maurice Leroy et Hervé-Baille (artistes humoristes)

Scribe-sacré : Garo et Raoul Cernay (homme de lettres) jusqu’à juin 1925 quand Charles le Lagrille prend la place de Cernay

Sténographe : Mlle. A. Mauer

Archiviste : Daveline (peintre)

Trésorerie : Adol-Jan (artiste)

Les autres chefs : Jean Émile-Bayard (homme de lettres), d’Ambrosio (statuaire), Gen. R (peintre), Mme Giradet (artiste/peintre), Marcel Parturier (artiste), Tito et bien sûr – Sacha Zaliouk !

Vous remarquez le ton plein humoristique dans le livre, c’est divertissant à lire !


La Deuxième Guerre Mondiale

Sacha apparaît le plus souvent dans les médias aux années 20s et 30s (source). En 1936, on trouve Sacha aux archives pour Fonds spécial du chômage du département de la Seine – Date : 14 avril 1936. Son adresse est 42 rue Sorbier Paris 75020, près du cimetière Père-Lachaise.

Pourtant quand la Deuxième Guerre Mondiale commence en 1939, il y a peu d’informations sur Sacha et sa famille. Il fait partie d’une exhibition en 1940 mais on ne voit pas plus pendant la Guerre. En 1945 son art est vendu (source).

Plusieurs sites répètent qu’il se cache avec sa famille à Paris et après au sud de la France. Autres sites disent que Sacha est proche de l’artiste Samuel Granowsky. Les Nazis tuent Granowsky à Auschwitz après son arrivée le 22 juillet 1942 (source).

Comment Sacha survit et son expérience exacte – ces détails ne sont pas disponibles ou bien cités de façon fiable. Je ne pourrais pas écrire avec certitude pour cette raison.  


Mort et inhumation

Berthe

Berthe meurt le 27 septembre 1964 à Saint Maurice Seine au sud-est de Paris. Elle est enterrée avec sa famille (source, p.24).

Sacha

Sacha meurt le 13 mars 1971 à l’âge de 83 ans. Son acte de décès est disponible en ligne (source, 7e, p. 28). Le lieu est 42 Rue de Sèvres mais sa propre adresse est 45 Rue Notre-Dame des Champs. Il est enterré avec sa femme et sa fille à Père-Lachaise qui m’envoie le suivant :

« Je vous informe que M. ZALIOUK Alexandre dit Sacha a été inhumé le 17 mars 1971 au cimetière du Père Lachaise dans la concession n° CPL 83 CC 1925 acquise par M. LERNER Anroum.

Cette sépulture se situe dans la 96ème division, comptez 13 lignes de tombes à partir de la 95ème division, puis 7 tombes depuis la 97ème division. »

Je voudrais remercier M. Régis Dufour Forrestier, Président des ‘Amis et Passionnés du Père Lachaise (APPL) qui m’a envoyé des images de la concession familiale. Il a créé une page pour Sacha (source). Sur la stèle on voit la sculpture d’une jeune fille – Paulette. Il y a deux noms sur la tombe :

Paulette ZALIOUK, 1916-1925.

Ch. LERNER, 1859-1938.